Vêtement technique contre le froid

Continuer à pratiquer nos activités favorites malgré le froid, voilà une idée quelle est bonne ! Mais comment se couvrir sans se retrouver complètement noyé sous les vêtements, sans pouvoir bouger le petit doigt ? Voici une tentative de réponse… Vêtement technique contre le froid !

Et voilà, l’hiver est là !

Officiellement c’est le 21 décembre, mais les premiers froids n’ont pas attendus cette date pour montrer leur bout du nez (gelé, du coup…).

Fini la grimpe torse nu, les tongs avec les doigts de pieds en éventail, les minis shorts spécial bronzage de gambettes ! C’est l’hiver je vous dit !

Vêtement technique contre le froid RSCC ESCALADE MONTAGNE RANDONNEE
Bleau sous la neige


Alors, comment qu’on s’habille pour ne pas avoir froid ?

Bon je vais vous livrer quelques secrets. La meilleure technique (normale, c’est la mienne…) pour bien se couvrir tout en pouvant continuer à grimper, marcher, skier est la suivante :

  • Il faut multiplier les diverses couches de vêtements
  • Ouais, super, n’importe quel vendeur de magasin spécialisé nous aurait dit la même chose… Peux-tu être plus précis, s’il te plait ?

Ok, je me lance ! Alors normalement, quand vous avez froid, vous avez tendance à vous couvrir, (ouais, super…), à mettre un tricot de peau (expression du début du siècle dernier) ou un « damart » (expression de la fin du siècle dernier), puis mettre un gros pull, parfois deux, puis quelques fois un gilet et enfin un gros blouson bien imperméable. Niveau pantalon, un bon gros épais, en laine molletonnée, avec un collant dessous peut faire l’affaire.

Ça, c’est bien pour faire les magasins pour faire son marché, rester planté derrière une canne à pêche ou rester chez soi le chauffage coupé.

Mais pour pratiquer nos activités favorites, vous conviendrez que ces vêtements ne sont pas des plus appropriés…

Alors que mets-on ? Vas-tu répondre enfin ?

Comme dit plus haut, nous allons empiler les couches de vêtements « techniques ».

Nous parlerons principalement de 3 couches :

  • Une couche près du corps, portée comme un sous-vêtement, pour garder la chaleur et rester au sec
  • Une couche intermédiaire, qui apportera la chaleur
  • une couche extérieure, dont l’objectif principal sera d’empêcher le froid et l’humidité de rentrer (coupe-vent, imperméable)

Collection Hiver 2015 du RSCC en goguette

Vêtement technique contre le froid RSCC ESCALADE MONTAGNE RANDONNEE
A la frontière suisse

Tu peux détailler les diverses couches ?

  • la première couche, c’est en général un tee-shirt ou collant technique, mince, qui se porte près du corps. Il a pour objectif de permettre une bonne transition de la chaleur mais surtout d’évacuer la transpiration vers l’extérieur, tout en restant sec au contact de la peau. L’idée est donc que votre petit corps musclé reste bien au sec et que vous n’ayez pas l’impression de « baigner dans votre jus » après 10 minutes d’effort. Il faut donc oublier le bon vieux tee-shirt en coton, véritable éponge qui conservera l’humidité longtemps, tout en s’alourdissant.

Première couche, recto-verso (bon ok, c’est en été, mais vous en connaissez beaucoup, vous, des personnes qui se baladent en tee-shirt en hiver ?)

Vêtement technique contre le froid RSCC ESCALADE MONTAGNE RANDONNEE

Cette première couche doit être réalisée avec des tissus spécifiques. C’est un vêtement « magique » qui reste sec côté intérieur et très humide au toucher côté extérieur, l’humidité se répartissant au maximum sur toute la surface du vêtement. Il sèche également très rapidement, mais l’odeur reste… A laver après chaque utilisation, facile lorsque l’on sort à la journée, mais moins évident lors de raids de plusieurs jours.

Existe en différentes matières, différents modèles, certains plus performants que d’autres. Personnellement, les premiers prix fonctionnent bien la première fois mais après plusieurs utilisations, l’effet « sec au contact de la peau » à tendance à disparaitre… A tester, donc !

  • La seconde couche doit apporter de la chaleur. C’est donc une couche plus épaisse, qui se porte moins près du corps que la première couche. Attention pas trop non plus (n’oubliez pas, vous n’êtes pas sensés doubler le bonhomme Michelin lors de votre prochaine sortie…). La couche d’air ainsi créée entre les deux vêtements vous isolera du froid. Cette seconde couche participe également à l’évacuation de la transpiration. C’est en général une fourrure polaire, en fibres synthétiques (je ne parle pas de la fourrure animale…). Beaucoup moins lourde qu’un pull en laine, elle sera plus à même d’évacuer la transpiration. Elle restera plus souple en conservant mieux la chaleur du fait de son tressage plus serré que les mailles d’un pull classique.

La polaire, légère, chaude est pratique en toutes saisons !

Les formes de la polaire ont évolué au cours de ces dernières années. Elle se portait auparavant de manière plutôt ample. Les coupes actuelles la mette plus près du corps, sans toutefois « coller » comme la première couche. Veillez tout de même à ne pas la prendre trop serrée.

Corinne a tombé la veste mais garde la polaire !!

Corinne donne l’allure
  • La troisième couche quant à elle nous protégera des intempéries, froid et vent. Mais attention ne vous y trompez pas, un simple sac étanche ne fait pas l’affaire… En effet, cette couche doit également permettre d’évacuer la transpiration, tout en étant coupe-vent et imperméable. C’est en général des vestes contenant une membrane technique de type Gore-tex© .D’autres marques existent (membrane technique permettant une respirabilité du vêtement tout en étant imperméable et coupe vent). En bref, c’est technique, je vous dit !. Du coup, oubliez le k-way, très imperméable et coupe-vent mais pas du tout respirant. Il est juste idéal si l’on veut se prendre une bonne suée !

Il faut pouvoir être à l’aise dans tous ces vêtements, pour pouvoir bouger, lever les bras, sans risque de se retrouver complètement débraillé au moindre mouvement, ouvrant ainsi une porte au froid qui se fera encore plus pénétrant… Il faut donc trouver la veste la mieux adaptée à votre morphologie. Pensez lors de l’essayage que vous aurez en dessous les autres couches…

Le test, levez les bras au ciel, tournez les dans tous les sens :

  • si votre petit bidon naissant apparait dans le miroir, c’est que ce n’est pas bon…
  • si les épaules et le col de la veste sont montés par dessus votre tête, ce n’est pas bon non plus…
  • si vous n’arrivez pas à bouger les bras, alors là, essayez deux tailles au-dessus !

La veste coupe-vent, imperméable et respirante, le grand classique pour la troisième couche

Serge concentré

Ce sont les grandes lignes mais une fois que l’on a tout ça, qu’est ce que l’on en fait ?

Ben il va falloir adapter sa tenue à son activité. En d’autres termes, l’avantage du multicouches, c’est que l’on pourra rajouter ou enlever un vêtement en fonction de la chaleur dégagée lors de « l’action ».
Par exemple, z’êtes en ski de rando. A la montée, vous pouvez peut-être tomber la veste (3ème couche), si pas trop de neige ni vent, et ouvrir la polaire.

Bruno a tombé les deux couches supérieures et profite pleinement des fermetures éclaires du pantalon. Il régule ainsi la température du bas du corps.

Bruno maitrise sa température

Et à la descente, vous remettez tout car vous produirez un effort moindre (y a qu’à laisser glisser, qu’ils disaient…) et aurez tendance à vous refroidir.

Hanifa, bien au chaud, malgré des conditions météo plus propices à rester près de la cheminée

Hanifa… même pas froid

Pour pouvoir réguler de manière encore plus précise la chaleur et l’évacuation de la transpiration, certains vêtements disposent de fermetures éclaires sous les aisselles, dans le dos, voir un peu partout. Elles ont pour but de réguler la température du corps.

Garder à l’esprit qu’il ne faut jamais avoir trop chaud (du coup, trop de transpiration) et pas froid du tout (le froid étant pénétrant, ce n’est jamais très agréable…)

Voici donc les grandes lignes pour pouvoir pratiquer une activité extérieure malgré le froid.

J’ai froid aux bouts des doigts, des orteils, du nez, des oreilles… Bref, t’as pas des trucs pour les extrémités ?

Alors pour les oreilles, un bon bonnet peut faire l’affaire, ou encore un bandeau. Le top du top pour grimper branché, c’est plutôt le casque à oreilles.

Delphine et Martin, au top de la mode de cet hiver !!! ok, il n’y a pas encore le bluetooth dans le casque, mais l’on y travaille !.

Pour le nez, pas grand chose, à part du gras en crème, mais là, nous ne sommes plus dans les vêtements… Seul truc, un passe-montagne, ou un masque qui prend le menton et le nez… Mais c’est pas super agréable pendant l’effort.

Pour les mains, cela dépend de l’activité. Pour le ski, la rando, la cascade de glace, une paire de gant, chaude et imperméable convient parfaitement.

C’est beaucoup moins le cas pour la grimpe. On peut alors éventuellement garder les mains au chaud dans des gants ou dans les poches entre deux essais (idéal en blocs, plus compliqué en falaise…) ou se procurer des mitaines avec les bouts de doigts amovibles, pour des voies un peu plus longues. Des gants fin en soie, sont aussi idéal pour lutter contre le froid. Et si vous êtes comme moi, à savoir très frileux des doigts, préférez les moufles ! Les doigts y seront moins serrés, au contact entre eux et le volume d’air permettra de garder un peu plus de chaleur. Perso, j’adore, mais c’est vrai que c’est pas top pour les monos doigts !

Véronique, gants, bonnet et veste chaude est prête pour affronter les grands froids !

Pour les pieds, c’est plus compliqué ! La technique des « deux paires de chaussettes » est à mon avis à proscrire, car le pied se retrouvera serré dans les chaussettes puis dans les chaussures. Cela ne favorisera pas la circulation du sang et l’ont perdra en plus pas mal de sensation. Je pense que l’idéal est une paire de chaussettes épaisses, mais pas trop, montantes dans une paire de chaussures imperméables, respirantes (gore-tex ou autre, encore…). Le pied ne doit donc pas être compressé dans la chaussure, tout en étant bien maintenue. Pas simple !

Et dans les chaussons alors ??? Pas de solutions miracle, enfin à ma connaissance ! Peut être une paire de chaussettes fine, en soie. Sinon, toutes les idées sont les bienvenues !

Dernière chose, peut être la plus importante : pensez à vous protéger le cou !

En effet, une bonne écharpe fermera l’entrée d’air située au niveau du cou, tout en le maintenant au chaud. Et quand je vous aurez dit que le cou est en quelques sortes le thermostat du corps, vous aurez compris que l’écharpe est peut-être le vêtement principal à avoir !

Voilà, nous arrivons au terme de ce discours « fleuve », sur les bases de l’habillement pour se protéger du froid. Si vous avez tenu jusque là, je vous en félicite !!! Tout ce qui est dit ici est bien sûr très scientifique, testé cliniquement par les plus grands laboratoires mondiaux avec des budgets colossaux pendant des milliers d’années. Néanmoins, la sensation de froid est personnelle et chacun y est plus ou moins sensible. A chacun donc de trouver la bonne solution, peut être sur la base de ces quelques informations, ou pas !


N’hésitez donc pas à partager vos techniques personnelles, astuces et autres fringues préférées, à la suite de l’article !


Etude de marché et article fournis par Richard

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